Fermat veut vous tuer – Episode 4

*EXCLUSIF*

[Note au lecteur : pour lire les épisodes précédents, cliquez iciici, ou ici !]

Fermat veut vous tuer : Igor Plateauman, Endiguement du communisme et Fermatation.

Episode 4

De l’implication d’André Smeagol Poubelleman dans la Fermatation

Tandis que le terrible Jeanus-Pascalus et ses troupes taupines se tuaient à la tâche, on décida qu’il fallait accélérer le processus d’élimination des communistes à la surface de Fermat. Lorsqu’Igor Plateauman arrivait à en envoyer un derrière la taule blanche qui délimitait la zone de travaux, son travail ne faisait que commencer : les plateaux ébréchés de la cantine ne suffisaient pas toujours à venir à bout de ces léninistes, qui, tel Harry Potter dans son berceau, semblaient protégés par une force qui était inconnue à Igor Plateauman, la force toute-puissante de la Camaraderie Universelle.

Par ailleurs, les travaux n’avançaient clairement pas, et ça commençait à devenir suspect : la zone était érigée depuis déjà six mois, on parquait élèves et professeurs dans des préfabriqués sous prétexte de ne plus avoir assez de salles pour les accueillir, et on tenait les devoirs surveillés dans toutes sortes d’endroits insolites : escalier des Jacobins, tombeau de Thomas d’Aquin, grand’salle André Derain, la salle de sport et son terrain. On entendait souvent, aux alentours de la zone de travaux, lycéens et prépas s’interroger sur l’avancée et l’utilité de ceux-ci – on n’apercevait jamais de maçon, de plombier ou d’électricien, seules quelques rumeurs circulaient sur les ombres d’étranges personnages difformes, aperçues la nuit, à la lueur toujours changeante des éclairages colorés des Jacobins, après trois pintes de bière et un demi shot de tequila. Bref, la direction devait se reprendre en main si la Fermatation devait être menée à bien, sans résistance. Seulement voilà : des effets spéciaux vraiment crédibles coûteraient trop cher, alors on investit plutôt dans des explosifs, histoire que les travaux avancent vraiment, mais alors vraiment, bien. Ça y est, plus personne ne se doutait de rien, et on pouvait continuer. On avait également embauché quelques figurants pour circuler dans la zone de travaux et enfoncer quelques clous, par-ci par-là, de temps en temps.

Mais dans tout ce cirque a priori inoffensif se tramait des horreurs – horribles. Les figurants avaient été conseillés au proviseur par Igor Plateauman, il les connaissait des différentes associations auxquelles il avait participé dans sa jeunesse : l’A.A.P.N., l’association des amateurs de plateaux de Normandie, la L.S.O.P., la ligue des sosies officiels de Poutine, et l’A.D.T.C., l’association débarrassons-nous des traîtres communistes. Ensemble, ils avaient développé une stratégie d’éviction des rouges d’une précision inouïe, employant toutes sortes de crucifix, magasines Playboy, liasses de billets, éthylotests et pommes de terre – bref, tout ce dont un communiste pur-sang peut avoir peur, et plus encore : ils créèrent, spécifiquement pour l’occasion, des balles extraites du Mount Rushmore et des pieux en donut berlinois compressé, car, parait-il, les soirs des lune en faucille, on peut abattre un communiste pour de bon en lui plantant, dans le cœur, l’un de ces deux objets sacrés du Capitalisme. L’un de ces combattants de la liberté était un ami d’enfance d’Igor, originaire du même village que lui : André Smeagol Poubelleman. Ah, André ! Igor s’en rappelait comme si c’était hier : ce sourire irrésistible qui éclairait un visage morne et creux, ce dos légèrement courbé, peut-être même bossu, ces mains si aptes à pousser des poubelles, pour lesquelles il serait prêt à tuer – oui, André, le seul homme qui pouvait le faire sourire et sortir de sa carapace de taulard. Igor n’avait jamais osé lui avouer ses sentiments. Cependant, afin de lui faire comprendre, de façon détournée, qu’il était amoureux de lui, Igor demanda au proviseur d’offrir une place de choix à André, un rôle décisif dans le processus de la Fermatation : celui se débarrasser des corps, en les dissimulant dans des poubelles qu’il serait le seul à manipuler.

 

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