Fermat veut vous tuer – Episode 6

*EXCLUSIF*

[Ceci est le dernier épisode de ce récit parodique. Pour le premier épisode, c’est par ici !]

Fermat veut vous tuer : Igor Plateauman, Endiguement du communisme et Fermatation.

Episode 6

La Fermatation sabrée

Notre super-héros du capitalisme avait prévu le plan PLSAC* dès le tout début de la mise en place de la Fermatation : en effet, lorsqu’il avait embauché le tueur à gages Igor Plateauman, le budget consacré aux situations d’urgence n’était pas très élevé, ce qui pouvait expliquer le manque relatif d’efficacité d’Igor, André et leurs acolytes. En effet, outre une poignée d’élèves qui avaient « quitté », du jour au lendemain, les classes littéraires de Fermat, la Fermatation n’avait pas obtenu les résultats escomptés. Mais, depuis tout ce temps, le budget nécessaire à son bon déroulement avait été amassé, grâce à la machine à café de droite, qui, lorsqu’elle n’était pas en panne, ne rendait pas la monnaie. Ces réserves financières permettaient le déclenchement du protocole de dernier recours, qui était devenu nécessaire. Oui, il était temps, et tout était prêt, mais, en cas d’échec, ç’en serait terminé de la Fermatation, et le Communisme vaincrait. Ah, non, non, non, on n’avait pas le droit à l’erreur ! Alors, après avoir prétexté toutes sortes d’empêchements et de limitations dans le temps, le proviseur fit organiser un devoir commun qui rassemblerait aussi longtemps que nécessaire l’ensemble des HK, KH, Chartes 1 et Chartes 2 dans l’enceinte de l’ancien self, désaffecté. C’était parfait. Il fit appel ensuite à un homme de confiance, le plus grand et le plus fort : McCarthyx.

McCarthyx, dont le nom évoquait celui d’un célèbre chasseur de « sorcières » des années 1950, était un ancien élève de Fermat, qui avait intégré l’X**. Sous prétexte de lui demander de présenter son école, on lui permet de pénétrer dans l’établissement. Connaissant l’endroit où étaient localisées ses cibles, absorbées par un devoir surveillé d’Histoire contemporaine, il avait carte blanche. Mais McCarthyx avait des ambitions de grandeur et de gloire. Il voyait déjà les futurs manuels scolaires, qui, conformes au Roman National susceptible d’être mis en place dans les années qui suivraient, le surnommeraient le « Polytechnicien Masqué » et raconteraient tous ses exploits. Alors, avant de passer à l’acte, il choisit, par coquetterie sans doute, d’enfiler son uniforme. Il se glissa dans la salle 162, la salle des ECS dits « Communistes »***, afin de narguer, en y passant, le portrait géant de Staline qui en ornait l’un des murs. Il ôta tous ses vêtements, et, alors qu’il s’apprêtait à enfiler le plus beau des costumes, il s’arrêta net : on poussait la porte****.

JPdu82, aimable professeur d’histoire et involontaire protecteur des prépas littéraires de Fermat, voulait simplement déguster, tranquille, son sandwich suédois, tout fraîchement acheté de chez Amandine, avant le début de son prochain cours. Lorsqu’il ouvrit la porte de sa salle préférée, il vit un jeune homme inconnu, nu comme un ver, essayant, tant bien que mal, de se cacher derrière un sabre qui paraissait imiter le style Napoléonien. JPdu82 n’était nullement au courant des manigances de l’administration. Il donna alors l’alerte : il y avait là un intrus armé, et, de surcroît, en tenue d’Adam. On fit évacuer l’établissement le plus rapidement possible. JPdu82 avait sauvé, sans le savoir, ses élèves.

Le soir même de l’affaire du sabre, on apprit que McCarthyx avait été arrêté, mais qu’il n’avait rien dévoilé à la police. Cependant, le proviseur savait que, tôt ou tard, quelqu’un parlerait, et que tout serait révélé au grand jour. On l’avait également informé que le KGB, qui avait eu ouïe de l’incident, était à ses trousses. Il fallait disparaître, et vite. Il tenta de licencier Igor Plateauman et ses acolytes, mais il n’avait pas de motif valable, et, ironiquement, ils étaient syndiqués. Il choisit alors de partir en cavale avec son fidèle allié Jeanus-Pascalus. Pendant qu’ensemble ils rassemblaient quelques affaires et ce qu’il restait de l’argent de la machine à café, ils décidaient de l’endroit où ils iraient se cacher. Montauban, ce serait trop évident. Il fallait plutôt aller dans un petit patelin perdu, mais l’histoire ne dit pas ce qu’ils choisirent de La Tronche***** et de Monaco. Pour couvrir sa cavale, on prétexta une mutation à Louis Le Grand, et la nouvelle fut publiée partout, jusque dans les quotidiens gratuits qu’on distribue à la sortie du métro. Le proviseur laissa ses dossiers dans son ancien bureau. Il avait hésité à cacher le dossier « Fermatation » dans le buste de Fermat qui orne le rebord de sa cheminée, mais s’étant dit que les autorités regarderaient là en priorité, il y renonça. Comme on était au mois de juin et qu’il faisait très chaud, il abandonna l’idée de brûler ces papiers et décida de les confier à sa secrétaire, qui en ferait ce qu’elle voudrait. Il lui légua également sa robe de chambre léopard, dont elle prit grand soin pendant les nombreuses années qui suivirent.

On dit que le proviseur et Jeanus-Pascalus quittèrent Fermat avec le seul regret que la Fermatation était finie, mais qu’ils se consolèrent à grand coup d’haïkus. Peut-être ont-ils changé d’identité dans leur nouveau village, nul ne sait. Une seule chose est sûre : on dût chercher d’urgence, à Toulouse, un proviseur pour la nouvelle rentrée, et, à Fermat, les travaux ne sont pas terminés…


*Voir l’épisode 5 ici.

**Polytechnique

***A Fermat, deux classes préparatoires aux écoles de commerce (ECS) se font concurrence : les “Capitalistes” et les “Communistes”. Ces classes décorent leur salle conformément à leur surnom.

****Lisez ici l’article de la Dépêche relatant la véritable affaire du sabre…

*****Montauban et La Tronche sont des villes importantes du folklore de la Chartes Toulousaine.

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