Mon féminisme en 5 questions

Vous l’aurez deviné, je suis une fervente défenseure des droits des femmes.

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Afin de vous donner un meilleur aperçu de mon engagement politique féministe et de ma pensée, je vous ai préparé ces quelques questions-réponses à propos de mon féminisme. Je précise que ma position peut changer et évoluer avec le temps. J’ajoute enfin que les idées illustrées ici ne sont que les miennes et ne sont pas représentatives de celles de toutes les personnes féministes.

  • Comment te places-tu par rapport à la définition historique du féminisme ?

Historiquement, le féminisme correspond à un mouvement qui lutte pour les droits des femmes et pour l’égalité de droits entre les hommes et les femmes dans le monde.

Je suis, bien sûr, d’accord avec cette définition, même si je crois de plus en plus en un féminisme plus radical et plus exigeant, qui doit cibler les inégalités et discriminations les plus profondément ancrées dans nos coutumes et nos traditions et qui se manifestent dans nos interactions et nos propos, surtout quand ceux-ci sont genrés (on donne traditionnellement des habits roses aux petites filles, etc.). Je crois qu’il faut d’abord dénoncer puis viser à détruire (par le dialogue et l’éducation plus que par la violence) ce sexisme historique et le système qui l’a créé et maintenu en place, c’est-à-dire le patriarcat.

Cela ne signifie pas que je souhaite un renversement des rôles dans lequel les hommes seraient à leur tour dominés par les femmes, mais plutôt que l’aboutissement visé par le féminisme auquel je m’identifie serait la disparition du système patriarcal au profit d’un système aussi peu genré que possible.

  • A quelles discriminations sexistes es-tu le plus souvent confrontée ? 

Pour prendre la mesure des discriminations subies, il faut d’abord prendre la mesure de son propre privilège : je suis une jeune femme cis-genre, caucasienne, issue de la classe moyenne et vivant en Europe de l’Ouest.

Je suis confrontée régulièrement au harcèlement de rue, et à d’autres situations de harcèlement voire d’agression.s sexuel.le.s. Je ressens le poids des stéréotypes genrés autant dans le milieu familial que professionnel, et cela prend parfois la forme de remarques sexistes et de jugements de valeur reflétant un double standard pour les hommes et pour les femmes. Je subis aussi cela sous la forme d’un body-shaming plus ou moins prononcé, dans mon entourage, dans la rue et, surtout, dans les médias.

  • Pour toi, y-a-t-il un lien entre féminisme et défense des droits LGBT+ ?

Oui, pour moi, défense des droits des femmes et défense des droits LGBT+ vont de pair, car le féminisme touche entre autres à la question des stéréotypes genrés et aux rôles genrés dans notre société ; or, il y a dans la communauté LGBT+ de nombreuses personnes qui souffrent de ces stéréotypes.

  • Pourquoi as-tu choisi le mot “féministe” pour te désigner ? 

J’ai choisi le mot “féminisme” non seulement parce qu’il est le plus répandu et le plus connu mais aussi parce que son poids historique me semble d’une importance capitale : si le féminisme évolue avec le temps, il s’agit d’un long combat autant en amont qu’en aval de notre époque, et il faut rendre hommage à ceusses qui ont porté et contribué à notre combat. Par ailleurs, je me désignais comme “anti-sexiste” avant de comprendre que le féminisme luttait contre tous les stéréotypes genrés, même ceux qui touchent les hommes. Il existe aussi le terme “égalitariste” qui, pour moi, ne prend pas en compte des différences biologiques (les menstruations, par exemple) et sociales (dans notre société patriarcale, les hommes naissent privilégiés) réelles qui justifient le fait que les femmes puissent revendiquer tel droit sans qu’une réciproque ne soit proposée aux hommes.

  • Dans quel.s domaine.s du féminisme ta position est-elle hésitante ?

Je suis hésitante concernant la place que peuvent et doivent prendre les hommes cis-genres dans le combat féministe… un prochain article traitera plus en détail de cette question.

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Shame and pain

It kind of dawned on me that what I’m about to write may be obsolete in some super-advanced mega-feminist countries but it certainly isn’t in France, so here goes…

Menstruations are practical: when you menstruate, you basically aren’t pregnant. Great.

Menstruations are also absolute shit. They can be quite messy, and they can be very painful. I for instance have quite a lengthy period every month (about 5 to 6 days) and the first two days are so painful it can get to a point where it is debilitating. I’m not saying this to get your compassion or empathy. I’m saying this to make a point: menstruations are crap. They’re shit, and they make lots of us feel like shit.

The thing is, menstruations are taboo and women and pre-op trans men are forced to deal with them as quietly and discretely as possible while staying as efficient as usual at work, regardless of how we feel. Yay.

Personally, the first two days of my period have me drained and tired and miserable. The abdominal pain can get quite severe and spread all the way down to my knees – making it hard to walk or stand – and all the way up to my breasts. Carrying any kind of load feels like hell and trying to stay calm under any amount of stress is barely possible. All I want to do is to curl up into a ball and sleep.

Yet, when this happens on a Monday (spoiler alert: it always does), I am expected to get up nice and early and teach for six hours, drive in heavy traffic for approximately one hour, and not scream at any of my 75 noisy and bustling 12-year-old students. Could you do that properly under the aforementioned circumstances? I can’t.

Yet, I get up and I try my best. And I cry out of exhaustion at break time and in the evening when I finally get home. Nobody knows this of course, so to most of my co-workers and students it basically looks like I’m having a regular-to-bad day.

So, what can I do about it? I could, of course, keep popping pills all day – a drugged-up teacher is better than an absent teacher, right? But I don’t want to do that. As I said earlier, all I really want to do on such days is sleep.

Right, so, sick leave! Nope. Unfortunately, that’s not happening anytime soon.

Think about it: all a male doctor knows is most women cope with their period and go to work anyway, so why would I need a day off? So, what if I asked a female doctor for help, one who knows my struggle and… works regardless of her painful period because she’s expected to? Hummmmm…

Like many women out there, I need a day or two off during my period: pain, exhaustion, anxiety, and just basic hygiene problems such as worrying about leakage, finding a suitable place for rinsing a moon cup or changing a pad or a tampon, and doing so soon enough to avoid getting toxic shock syndrome do not allow many of us to be efficient at work and in society in general when we are on the worst days of our period. All I need on a period Monday is a decent amount of rest, so I can do a lot better than I usually would do on a more bearable period Tuesday.

So why is it society expects women and pre-op trans men to just shut up and deal with it? I suppose the fact we make the effort to go to work when we are on our periods makes people believe they’re not as painful as I am describing them to be. Sure, the pain is different for every individual, but there is no straightforward way of proving how we feel.

I believe women should be given a two-day paid leave per month, to be used for rest and self-care during our menstruations. Some people would undoubtfully and rightfully ask for more, but the risk of course would be making women even less employable than we already are – thank you, patriarchy. In addition to a couple of days’ leave, hygienic spaces and products should be made available to women in the workplace to help us cope. We should be helped through this shitty, mandatory, repetitive, exhausting, unfair, draining and sometimes debilitating phase of every single month of a long, long, long part of our lives and not shamed into silence for it.

Shamed into silence. That’s what’s going on. We are shamed for our bodies and for this unsolicited additional feature. We are shamed into pretending it’s okay and it’s easy, into wearing dark pants only and having to carry around any products we need because it’s abnormal and graceless and unfeminine to ask anyone else for the occasional pad. We are shamed into ignoring the pain due to its recurrent and therefore habitual nature, that apparently makes it a lesser pain for some reason. Oh no, I forgot. Patriarchy.

So how do we make things better for women and pre-op trans men? We could just sit and wait until a male politician magically has his period and realises how shitty it is, but pigs don’t fly. The only other way is to spread the word and to start demanding change. Let’s do that together.

Le rire de Mehdi

On devinait à peine les dernières lueurs du soleil derrière les volets fermés. Entre ses draps chauds, Esteban essayait de ne pas croiser son regard – ç’aurait été trop beau, trop grand, trop émouvant. Tout, de la lumière tamisée de la lampe aux frissons qui parcouraient son corps au rythme des doigts de Mehdi, oui, tout contribuait à cette atmosphère si particulière, à ce moment si précis et parfaitement identifiable, celui où l’on tombe amoureux, celui où l’on perd pied et on se noie dans le confort, la chaleur, la douceur, et le regard de l’autre. Pourtant, Esteban le savait : Mehdi ne cessait de fuir, il était comme l’eau qui vous glisse entre les doigts alors que vous mourrez de soif. Il ne pouvait pas l’aimer. Ou en tout cas, pas sans souffrir, pas sans espérer en vain une réciprocité. Non, surtout, il ne devait pas regarder Mehdi dans les yeux, sans quoi il tomberait éperdument amoureux de son rire – de ses tâches de rousseur – de chaque mèche de cheveux qui encadre son visage – de sa bouche – du goût de ses baisers – de l’odeur de sa peau, là, au creux de son cou – de… Non, il ne fallait pas.

Une heure plus tôt, il avait cédé. C’était plus fort que lui, lui qui ne prend jamais de risque, qui ne s’aventure jamais hors des sentiers battus, mais là – c’était une envie irrépressible, comme une force qui avait pris le contrôle de son corps, et qui l’avait poussé à couper la parole à l’homme qui était désormais étendu nu dans son lit, et dont il sentait le regard brûlant qui appelait le sien. Mehdi était en pleine phrase mais Esteban ne l’écoutait plus depuis quelques minutes. Il ne voyait que sa bouche. Sans vraiment s’en rendre compte, il s’était avancé vers son ami, et, sans crier gare, avait écrasé sa propre bouche contre les lèvres qu’il convoitait. Pas de mouvement de recul, pas de signe de surprise ou d’interrogation de la part de l’assailli. En réponse, un baiser plus doux, puis, un rire affectueux, une main sur chaque joue et un front contre l’autre. Pas un seul mot échangé, mais une poussée ardente, et les voilà enlacés, emmêlés, liés l’un à l’autre dans ce lit.

” Je… je ne savais pas que tu…

Non, enfin, si, je… Je ne savais pas vraiment, mais c’est toi, tu vois ?

Je vois. Alors, c’est la première fois ?

Oui, enfin… Tu m’as trouvé maladroit ?

Juste ce qu’il faut. J’ai adoré. ”

Puis, l’étincelle. Celle qu’on n’attend jamais mais qui, une fois ressentie, parait évidente. Esteban la sentit jaillir du fond de son estomac – c’était un homme comme cela qu’il lui fallait, un qui savourerait sa maladresse, qui rirait de joie quand il trébucherait ou qu’il éviterait de justesse de casser une assiette. Mais Mehdi, avec sa voix légèrement éraillée, son assurance inégalée et sa peau marmoréenne ne l’aimerait certainement pas ou, du moins, il ne saurait pas l’aimer. Il l’avait vu briser des cœurs par accident ou par habitude dans le passé, avec une nonchalance fascinante. Il l’avait observé de loin pendant qu’il fuyait, évitait, contournait tout engagement sentimental. Il l’avait regardé, marathonien, chuter quelques fois pour se relever aussitôt, rejetant au loin tout attachement amoureux dont il avait pu, le temps d’un court instant, être le sujet.

Cette fois-ci, c’était Esteban lui-même qui s’était laissé prendre dans les filets de ce garçon plein de charme, qui devait prendre ses distances au plus vite pour ne pas finir blessé. Il le savait. Mais là, dans cet instant, dans cette lumière, dans cette chaleur, dans ce moment volé à l’éternité qui voyait les deux amants seuls au monde dans un lit défait, dans ce moment où Mehdi semblait, lui aussi, être envoûté, Esteban était incapable de résister à l’idée que, peut-être, ils finiraient ensemble. Ses efforts pour ne pas tourner la tête étaient vains, et voilà qu’il se laissait aller à une contemplation sans fin de l’homme à ses côtés. Et l’autre qui souriait comme un enfant, comme pour confirmer un bonheur partagé. C’était inévitable. Le voilà amoureux. Pas d’échappatoire possible.

” Dis-moi…

Hmmm ?

Comment… Comment tu te sens, là ?

Bien, bien, je suis heureux… et toi ?

Heureux, aussi. Trop heureux, trop.

Comment peux-tu être trop heureux ?

Je veux juste dire, enfin… Mehdi, je t’ai vu avec les autres. Tu fuis. Tu restes jamais, et là…

Tu veux dire que… ?

Ben, je, je sais pas, ça vient d’arriver, mais j’ai l’impression…

Arrête, profite.

Mais…

Chhhhh. ”

La tête contre la poitrine de Mehdi, qui le serre dans ses bras, Esteban ne sait plus s’il est rassuré ou s’il a encore plus peur.  Dans quelques jours, Mehdi repartira, il dormira auprès de quelqu’un d’autre. Et lui, il aura ce vide au fond du ventre, et, dans la tête, des souvenirs confus, des milliers de questions.

” Comment ça se fait que tu n’aies pas été surpris ? Tu savais que… ?

Que quoi ? Que tu étais gay ? Que je te plaisais ? Non, je savais pas vraiment. Mais j’espérais.

C’est pour ça que tu es venu ici, ce soir ? Mais qu’est-ce qui t’a mis sur la piste, y’a bien quelque chose ?

Oui, oui, sans doute. Tu as peur ?

Peur non, mais je suis confus, moi, je savais pas. Je me doutais de rien. Et là, ce soir, tout d’un coup, tes lèvres, tu vois ?

Oui, je vois. ”

Mehdi riait et c’était insoutenable. Esteban sentait sa fascination se démultiplier et il luttait pour résister à l’envie d’approcher encore ses lèvres de celles de son conquérant. Mais au fond de lui, un doute : peut-être se moquait-il ? Cette interrogation fut balayée en un instant par le jeune homme.

” Tu sais, Esteban, le mariage pour tous, ils se sont trompé…

Quoi ? Tu veux dire que… ? ”

Esteban se mit à reculer quand Mehdi lui tira le bras d’un seul coup et éclata de rire une fois de plus.

” Oh, mais non ! Le mariage pour tous… remplace le T par un N… Et, au moins pour ce soir, rassure-toi, Esteban, je suis là et je ne m’en vais pas. ”


 

Le lendemain, en allant à la fac, Esteban se demanda si Mehdi avait vraiment cru, sur le moment, ce qu’il lui disait… Mehdi aussi s’était-il senti amoureux ? La veille était devenue une espèce de rêve brumeux qu’Esteban portait avec lui et refusait de lâcher, essayant de se souvenir du moindre détail, du moindre mot, du moindre geste, du moindre regard. Cet effort lui semblait essentiel, un travail minutieux de conservateur, d’homme qui protège et chérit les trésors les plus précieux. Il ne voulait rien briser, rien déplacer, rien altérer de ses souvenirs, et au cœur de tout cela, au-delà de tout le reste, il voulait se rappeler une chose : le rire de Mehdi.

 

Balancer son porc

N’a-t-on pas toutes un porc à balancer ?

Les mouvements #balancetonporc et #metoo ont débuté il y a quelques semaines et permettent d’émanciper la parole des femmes – principalement – à propos du harcèlement sexuel, de la misogynie, et des agressions sexuelles. Ils donnent un aperçu de ces situations autant en quantité qu’en gravité ;  ils permettent aussi de tacler les idées reçues sur des pratiques perçues par beaucoup comme “ordinaires”, “normales”, “sans gravité”. J’ai lu un post #metoo dans lequel une femme disait que son compagnon lui avait dit qu’il espérait que jamais leur fille ne subirait les actes évoqués sur internet, ce à quoi elle lui a répondu que si, évidemment que leur fille subirait, un jour ou l’autre, un acte de harcèlement, tant la fréquence – mais aussi la banalisation – de ces actes est élevée.

Et c’est vrai.

Quand on est une femme et qu’on marche dans la rue, on sait qu’on sera victime de ce genre de harcèlement quotidien, peu importe ce qu’on porte, la tête qu’on fait, la vitesse à laquelle on va. De “Hé, Mad’moiselle, passe ton 06” à “Salope, va”, la frontière est fine, très fine. Et c’est quasiment constant. Alors, on marche vite, la tête baissée, on fait semblant d’écouter de la musique ou d’être au téléphone, on espère que personne n’essaiera de nous retenir, de nous attraper le bras, que personne ne cherchera à franchir la limite déjà trop intrusive de la remarque verbale ou du sifflet, de ce qu’on appelle en anglais le catcall. La nuit, on marche plus vite encore. On évite tous les regards, on change de trottoir, tout en essayant de ne pas avoir l’air vulnérable. Pourvu que je puisse rentrer chez moi sans problème, que ces gens qui traînent, là, près de la gare, ne vont pas essayer de m’approcher, pourvu qu’il ne m’arrive rien, qu’on me laisse tranquille.

Alors, des porcs, j’en aurais des dizaines, peut-être des centaines à balancer, si je devais balancer toutes les personnes qui m’ont harcelée sexuellement dans la rue, au collège, au centre aéré, au lycée, dans les transports, au travail. Je me rappelle d’SMS anonymes que j’avais reçus quand j’étais au lycée, d’une personne majeure, qui me proposait de la rejoindre à Toulouse si je voulais “une bite dans le cul”. Je me souviens de la nausée, de la boule au ventre, de l’incompréhension : comment cette personne a-t-elle eu mon numéro ? Quelle personne malveillante a permis à cette personne de m’écrire, sans que je ne sache qui c’était, et avec de si mauvaises intentions ? Pourquoi subissais-je une objectivation de la part d’un inconnu nettement plus âgé que moi, qui savait peut-être où j’habitais, qui savait sans doute à quoi je ressemblais, et pour qui j’étais une proie, face à qui j’étais parfaitement impuissante ? Et dire que ce porc-là n’est pas le pire porc que j’ai eu…

D’ici que je trouve le courage de balancer mes autres porcs, à surmonter la honte, les questionnements, la peur des réactions qui précèdent l’émancipation et l’engagement qu’est le fait de parler ouvertement de ces situations de harcèlement voire d’agression, je vous invite à continuer à militer contre la misogynie ordinaire et contre le harcèlement – cela commence par l’information et continue par la parole : si vous êtes en sécurité, prenez le temps de dire aux gens que ce qu’ils font ou ce qu’ils disent est misogyne ou sexiste. Et faites circuler cette vidéo, qui constitue un bon point de départ pour réfléchir sur le harcèlement : Guillaume Meurice questionne le harcèlement sexuel.

A bientôt et n’ayez pas peur de le dire : #metoo

Amours non consommées

Aperçus d’histoires d’amour jamais débutées :

Au retour des vacances, “J’ai changé d’avis”. Cette serveuse maladroite dont je ne connais même pas le nom. Un regard échangé, un rendez-vous annulé. Tes yeux, tes messages, et ta fragilité. Un soir de magie à te découvrir autrement, quelques baisers volés, puis “J’ai déjà quelqu’un”. Ce serveur souriant qui a compris mon Néerlandais. Ton rire, ô ton rire, et le reste toujours refusé. Un soir dans un hamac au paradis sur terre. Des airs de piano et une seule nuit. Beaucoup de pâtes sauce pesto et le drapeau d’Amsterdam. Un fou-rire qui t’a fait fuir. Au coin d’un bar, le soir, un baiser intercepté. Du Rock’N’Roll, et toi, et moi. Le plein de tendresse, d’accord, mais qu’une seule fois – non, non, je ne céderai pas.

Je me demande parfois ce qui serait arrivé si tout s’était passé autrement… Dans mes rêves, je vous ai aimé-e-s.

Looking up !

Ahoy there !

If you ever read this article or if you have ever spent a substantial amount of time talking – or rather listening – to me, you probably know by now that I have a huge problem with feeling down, with blues and nostalgia, especially in the evening. However, ever since writing said article, I am better. Why ? I’m not 100% sure, but what I do know is I’ve bee fighting against nostalgia, not allowing myself to go there whenever I sense it creeping up inside me.

I used to indulge in that sad, sad feeling. I used to dive right into it, sometimes for hours. Now, as soon as I feel it coming, I block it out. I think to myself “This is ridicuous Daffy ! Your life is great, you can’t get all sad about it, and you can’t keep dwelling on the past !”. So I fight against nostalgia. And though it is sometimes hard not to give in to the sadness that appears when you find a random souvenir, or when you listen to this old Damien Rice song, I am getting good at it.

I am getting good at being happier than I was before, and, I believe, at worrying a lot less, too. This is also helped by the fact the school year is over, and my stress and anxiety have gone down dramatically.

I am starting to win my uphill battle. This. Is. Amazing.

I’ve been worrying, scratching my excema and crying a lot less than before, which means I have also had more time to reflect – healthily – on my life, to read (and oh how I love to read !) and to educate myself on important issues for me, such as gender equality and LGBTQ+ rights. I am in fact working towards becoming a proper activist ; I’m trying to work out how I can introduce people to the causes I’m fighting for and how I can defend them – I believe this could be a great platform ! We’re going to be drinking some sexy but serious cups of tea together, get ready !!

As I now have quite a bit of free time on my hands, I hope to post a bit more frequently, so I’ll be putting my take on various topics over the next few weeks. I hope you’ll like it and I hope you’ll enjoy being part of the conversation !

Get cosy and boil the kettle !

xxx

Daffy

2002, le retour ?

Ce week-end nous élisons la personne qui gouvernera notre pays et nous représentera pendant 5 ans. Pour ma part, c’est ma première élection présidentielle et je crains que nous revivions 2002. L’horreur.

Ce n’est, évidemment, pas tout à fait pareil : les médias prédisaient cette fois-ci ce second tour, et le FN remporte de gros pourcentages des voix dans toutes les élections des dernières années. Mais cela n’empêche que j’ai l’impression d’être obligée à vivre un nouveau 2002, avec un second tour opposant le FN à un candidat qui n’est pas de gauche, et derrière qui on nous demande de nous rallier pour « faire barrage au FN ». Super.

Mais le second tour, qui se joue dimanche, aura-t-il le même visage que celui de 2002 ? Macron remportera-t-il cette élection avec 80% des voix ? Non. Et ça, en soi, je n’avais même pas besoin de le préciser. Le score sera (très) serré. Pourquoi ? Parce que beaucoup voteront blanc.

J’en entends hurler, et je les comprends dans une certaine mesure, je les entends se révolter contre le vote blanc : c’est jouer le jeu du FN, ce n’est pas républicain, c’est être une poule mouillée que de voter blanc ! Faites un effort, bon sang, ce serait terrible, TERRIBLE, que Le Pen passe !

Oui, c’est vrai. Mais que faire, alors, si on ne veut pas non plus élire Macron, le candidat des banques et de la finance ? Sans tomber dans la caricature « FN = Fascisme / Macron = Grand Capital », aucun des deux candidats ne correspond, de près ou de loin, aux valeurs de la gauche et encore moins de l’extrême gauche. Alors, me direz-vous, il faut décider lequel correspond au moindre mal, et voter pour celui-là. Certains le feront, et c’est un choix qui semble tout à fait logique et sensé. On évite le pire pour mieux rebondir aux législatives, aux européennes, et aux prochaines présidentielles. Ok, pourquoi pas !

Mais finalement, le vote blanc, alors, à quoi sert-il ? Est-il si dangereux que cela de voter blanc ? Non.

Non, voter blanc, ce n’est pas jouer le jeu du FN. Le vote blanc est un acte politique qui permet d’exprimer un désaccord, voire une opposition. Il permet de dire « Je ne veux donner ma voix à aucun de ces deux candidats. Je ne veux participer activement à l’élection de l’un ou de l’autre. Je ne soutiens pas Marine Le Pen et je ne soutiens pas non plus Emmanuel Macron. Je ne ferai pas barrage au FN en soutenant le candidat des banquiers, et jamais je ne donnerai ma voix à Le Pen ou à ses semblables. Que l’un ou l’autre soit élu, puisqu’on n’a pas d’autre choix, mais qu’il ou elle soit élu(e) par ses véritables électeurs, par ceux et celles qui croient en sa politique, en ses idées. « Election » signifie choix, or, si je votais Macron, je le ferais par contrainte et à contre cœur. Mon choix réside dans le vote blanc. »

D’accord, d’accord, mais, Daffy, tu sais que finalement le vote blanc est à l’avantage du gagnant ? C’est vrai que beaucoup pensent cela. Mais en réalité, puisque les votes blancs ne sont actuellement pas comptabilisés, cela veut simplement dire qu’il y a moins de votes exprimés au deuxième tour qu’au premier, mais cela n’empêche aucunement tel ou tel candidat de l’emporter, du temps que ses véritables électeurs se rendent au bureau de vote.

Pas de crainte en tout cas : l’extrême gauche sera dans la rue peu importe le candidat qui passe, et elle sera auprès de vous pour vous défendre si vos droits sont bafoués, et pour vous proposer de participer à un avenir nouveau, un avenir commun construit avec et pour tous, un avenir réformé dans lequel, peut-être, nous n’aurons même plus à nous inquiéter pour les présidentielles…

PS : Peu importe votre candidat, peu importe si vous « ferez barrage à » ou si vous voterez blanc : bonne chance !